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Décembre 2018 – Anne Charron, directrice de la communication au Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, et Baptiste Pavot, chargé de la communication numérique, détaillent la mise en place de l’outil de consultation citoyenne Vooter sur leur territoire.

Trouve-t-on une culture participative importante au sein du département Meurthe-et-Moselle ?

Le conseil départemental s’est fortement impliqué depuis 1998 pour encourager la culture de la participation ; de nombreuses politiques publiques font appel à l’expertise d’usage des habitants et des acteurs du territoire. Le département de Meurthe-et-Moselle favorise la participation des citoyens, afin qu’ils donnent leur avis, mais aussi qu’ils contribuent à enrichir les politiques publiques.

C’est en participant aux orientations, à l’évaluation et au contrôle de l’action publique que les citoyens en comprendront mieux le sens, qu’ils l’enrichiront et en partageront les choix.

Plusieurs structures permettent aux usagers de participer à la construction, l’évolution des politiques publiques départementales, comme par exemple le Conseil consultatif des bénéficiaires du RSA, le Conseil départemental de la citoyenneté et de l’autonomie (CDCA) ou encore, pour les plus jeunes, l’Assemblée Départementale des Collégiens (ADC).

Pour quelles raisons avoir décidé d’adopter une solution Civic Tech ? 

Décembre 2018 – Anne Charron, directrice de la communication au Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, et Baptiste Pavot, chargé de la communication numérique, détaillent la mise en place de l’outil de consultation citoyenne Vooter sur leur territoire.

Trouve-t-on une culture participative importante au sein du département Meurthe-et-Moselle ?

Au lancement de Vooter, vous avez mis en oeuvre un dispositif avancé de communication externe, (campagne de déroulants 4 x 3, conférence de presse, relais dans la presse locale, campagnes facebook, relais sur le site institutionnel du département et dans les locaux associés…). Ces actions ont-elles été concluantes ?

J’ai la conviction que la communication publique doit s’inspirer de la vie quotidienne des gens, s’appuyer sur des actions concrètes pour illustrer un projet plus global. C’est pour cette raison que nous avons lancé une campagne se basant sur des portraits d’habitants qui bénéficient de nos politiques publiques : éducation, autonomie, solidarités, infrastructures, soutien aux associations et acteurs culturels… Les habitants et acteurs du territoire sont les meilleurs ambassadeurs des actions mises en œuvre. Nous avons également souhaité, lors de cette campagne, demander l’avis des habitants sur les sujets abordés avec la baseline “Et vous, qu’en pensez-vous ?”.

 

     

 

Ainsi, plus qu’une simple communication, notre objectif est aussi de prendre en compte l’avis des habitants pour faire évoluer l’action du département. Cette campagne a été largement diffusée, vue et commentée. C’est une première étape, nous souhaitons pérenniser cette forme de communication. Alors que les compétences des départements ne sont pas toujours identifiées, la mise en place de Vooter nous a permis d’associer les citoyens d’une manière simple et innovante. L’accueil a été bon même si nous devons développer cet usage, notamment auprès des personnes âgées qui ont parfois des réticences ou des difficultés dans l’installation de l’outil.

Durant le premier semestre d’utilisation de Vooter, vous avez notamment diffusé une consultation thématique hebdomadaire, sur les compétences du département, dans un objectif d’évaluation de l’action publique. Depuis novembre, diversifie les usages : consultation, information, sensibilisation, pédagogie, agenda, animation de communautés au quotidien.

En quoi Vooter vous permet-il de compléter vos dispositifs d’information ? Et de participation ?

Notre objectif n’est pas seulement de consulter les citoyens ; l’avantage de Vooter est aussi de pouvoir diffuser des informations, notamment événementielles, à la communauté des personnes qui ont téléchargé l’application. Ainsi, nous allons diffuser sur Vooter l’information que nous diffusons actuellement via notre magazine, la presse, notre site internet ou les réseaux sociaux afin d’en faire bénéficier de nouvelles personnes. Cela permet d’illustrer l’action concrète du département en tant qu’acteur de la vie culturelle, sportive, associative, citoyenne de son territoire. Nous avons également constaté que les habitants étaient en demande de ce type de contenus. 

Un autre de nos objectifs est de contribuer à la vie citoyenne grâce à cet outil en informant les habitants sur les prestations auxquelles ils ont droit grâce à des vidéos pédagogiques mais aussi sur des grands enjeux de société : la lutte contre les discriminations, la laïcité, l’environnement…

Quels sont les enjeux propres à la strate départementale, dans la mise en place de dispositifs participatifs, en comparaison avec d’autres échelles de territoire plus réduites ?

Contrairement aux mairies, les départements sont assez mal identifiés par les citoyens même si ils sont présents à tous les âges de la vie : de l’aide sociale à l’enfance, à la gestion des collèges, des routes départementales en passant par l’aide à l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Spontanément, les citoyens connaissent le nom de leur maire et du Président de la République, les autres élus – et donc les autres institutions – sont assez peu connus du grand public.

Notre objectif est donc d’informer, de faire participer et d’élargir le cercle des personnes qui pourront ensuite contribuer à la construction de nos politiques publiques.

 

Quels sont les difficultés auxquelles vous faites ou avez dû faire face ? Pour vous, quelle est la plus-value d’une solution digitale par rapport aux dispositifs traditionnels de participation ?

Permettre une citoyenneté active des habitants est un objectif essentiel pour la Meurthe-et-Moselle. Notre principale difficulté est de faire grandir au maximum notre communauté via un nombre significatif de Meurthe-et-Mosellans présents sur Vooter. Le département est chef de file des solidarités ; cependant, pour des personnes en situation de précarité, la priorité c’est d’abord d’avoir un travail, un logement, de quoi se nourrir avant de participer à la construction des politiques départementales. C’est pourtant leur avis que nous souhaitons recueillir afin de savoir si notre action répond à leurs attentes.

De la même manière, pour des personnes âgées ou handicapées qui ont des difficultés à se déplacer et qui ne peuvent pas assister aux réunions publiques dans les territoires, il était nécessaire de trouver un outil permettant leur expression. Le numérique permet de répondre à certaines de ces difficultés en proposant une solution simple : de chez vous, en quelques minutes, vous pouvez vous exprimer !

Nous souhaitons également avec Vooter aller plus loin que la simple consultation quantitative. L’outil permet en effet de laisser une expression libre pour celles et ceux qui le souhaitent, c’est important pour avoir une réponse qualitative sur l’action menée.

Quelles sont selon vous les déterminants d’une campagne de concertation réussie ? Et les écueils à éviter ?

De manière générale, je suis convaincue que la consultation des habitants doit se faire de manière transparente. Il est terminé, le temps où les résultats étaient réservés à un cercle d’initiés, où la parole était contrôlée pour n’en retenir que le positif. Il faut assumer le fait que l’action et la communication publiques doivent sans cesse être réinterrogées pour s’adapter.

Une concertation réussie, c’est une concertation qui informe, s’adresse à l’intelligence collective, fait débattre et aide à faire émerger des solutions de consensus aux problématiques données. 

Ce qu’il faut éviter, c’est de demander l’avis des citoyens pour faire ensuite l’inverse ou ne rien en faire. Nous avons une culture de la participation en Meurthe-et-Moselle qui nous permet d’éviter ces écueils.

Que pensez-vous de la pertinence des outils Civic Techs, à l’heure du Grand Débat national organisé suite aux mobilisations des Gilets Jaunes ?

L’actualité nous le démontre avec force, il y a une réelle volonté des habitants de pouvoir s’exprimer, être écoutés et plus encore, être acteurs de la vie publique. Les collectivités locales ont cette culture participative de proximité, l’Etat devrait s’en inspirer. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les maires sont aujourd’hui en première ligne dans le cadre de ce grand débat national. 

Le numérique a sa place en complémentarité avec les autres outils comme les réunions publiques. Chacun doit pouvoir trouver un lieu ou un moyen simple de s’exprimer, pas simplement le temps d’une élection.