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Alors que les collectivités font face à des tensions budgétaires, investir au plus juste et au plus près des attentes et des besoins des administrés constitue une priorité. Les dispositifs de participation, et en particulier les outils numériques, ont-ils un rôle à jouer dans l’optimisation des dépenses d’un territoire ?

L’optimisation des dépenses, un enjeu phare

En 2017, l’investissement local a connu un regain de vitalité par rapport aux années précédentes (+6,5%). Pour autant, ce constat ne serait pas révélateur d’une meilleure santé financière des collectivités : le désendettement ne se résorbe que très peu, et les collectivités n’avancent pas au même rythme, ce qui amène à de réels risques d’accentuation des disparités territoriales. Selon une étude en date de mars 2018 réalisée par l’Observatoire des finances et de la gestion publique locale (OFGPL), les départements et les régions, du fait de leurs propres difficultés budgétaires, réduisent significativement les aides allouées aux investissements des communes. Celles-ci en ressentent directement les effets, en particuliers dans les très petites localités.

L’enjeu phare de la gestion territoriale semble être à l’optimisation de ses dépenses : réduire les coûts, les délais, et viser au plus juste pour chacun de ses investissements.

Si la période est tendue, elle est aussi propice à l’émergence de solutions innovantes, et à la modernisation de l’action publique. Dans cette idée, les technologies numériques ont beaucoup à apporter : la Big Data permet par exemple de gérer les territoires de manière plus efficiente, de construire des “villes intelligentes” grâce à l’analyse des données collectées ; la dématérialisation de l’administration et de certains services publics génère des économies de temps et de moyens pour les agents et les usagers (on parle d’e-administration) ; les systèmes d’informations sont de plus en plus intégrés et efficaces ; etc.

CivicTechs et organisation territoriale

La technologie permet en outre de dessiner de nouvelles interactions entre la collectivité et les administrés. D’abord, en facilitant nettement la communication territoriale et la transmission d’informations, ou encore développant l’échange direct, via les réseaux sociaux par exemple. Mais aussi, en donnant une dimension nouvelle à la participation citoyenne : le digital permettant de toucher des audiences importantes, à moindre coût, facilement, et en temps réel, repenser la construction du projet de territoire en systématisant l’intégration des citoyens devient possible… ce qui pourra, là aussi, avoir des impacts positifs sur la gestion globale du territoire.

D’une part, en prenant en compte l’avis citoyen, l’élu fait le pari de l’intelligence collective pour prendre des décisions plus éclairées, enrichies des “expertises d’usage” de ses administrés (ou autrement dit de leurs connaissances de certaines problématiques du quotidien, ou sur lesquelles ils sont spécialisés). Bénéficier du retour d’expériences du terrain permet de prendre la bonne direction plus rapidement, en contournant les éventuels écueils que l’on n’aurait pas anticipé. Les décisions seront non seulement plus pertinentes dans leur réalisation, mais également davantage en phase adéquation avec les attentes et besoins des habitants. Consulter les citoyens en amont d’un projet ou mettre en place un budget participatif permet d’obtenir une garantie de son bien-fondé, et ainsi, d’investir en connaissance de cause et à bon escient, en évitant les coûts liés aux erreurs. En ce sens, les CivicTechs constituent un outil précieux d’aide à la décision. 

D’autre part, outre l’optimisation de l’action publique, les impacts positifs collatéraux de la participation citoyenne sont nombreux : l’adhésion des citoyens au projet du territoire permettra un renforcement de la cohésion, et de l’implication dans la vie de la Cité. Les effets sont difficilement quantifiables, mais l’on peut tout de même s’attendre à un revitalisation du territoire et à une plus grande attractivité, ainsi qu’à un tissu associatif et solidaire plus dynamique par exemple.

Bien entendu, les dispositifs de participation citoyenne ne permettront pas de résoudre à eux-seuls les difficultés financières traversées par les territoires. Mais ils peuvent constituer l’un des ingrédients d’une meilleure gestion territoriale.