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Pourquoi et comment associer participation citoyenne et communication locale, pour mettre en place une démocratie locale numérique de qualité ?

La collectivité locale, espace privilégié de circulation de l’information entre l’élu et le citoyen

L’information est à la base de la démocratie. C’est par la transparence et par la mise en accessibilité des données et des informations publiques, que chaque citoyen pourra prendre part, de manière entière et juste, aux décisions qui le concernent. Cette responsabilité d’informer est portée par les acteurs du monde politique, qui détiennent des savoirs auxquels les administrés n’ont pas systématiquement accès ; ainsi que par les médias, le « quatrième pouvoir », dont les choix éditoriaux contribuent à façonner l’opinion publique.

Mais aujourd’hui, les Français peinent à donner leur confiance, aux médias comme aux pouvoirs publics, et la promesse d’information sur laquelle est fondée la démocratie perd son sens. Comment s’engager, pourquoi participer aux décisions, quel intérêt y a-t- il à voter, si l’on suppose que les dés sont pipés dès le départ ? A partir du moment où ce lien de confiance est rompu, le système démocratique dans son ensemble est en péril. Cependant, il demeure un espace qui conserve sa légitimité et sa crédibilité aux yeux des citoyens, et dont les messages sont perçus comme fiables : la municipalité.

Le rapport entre élus et citoyens demeure le plus solide au niveau de la commune. La forte proximité territoriale, sociale et culturelle entre l’élu local et ses administrés entretient ce lien de confiance ; de même, on peut supposer que la fonction municipale suscite moins de suspicions que d’autres mandats électoraux, puisqu’elle n’est pas spécialement motivée par des ambitions lucratives, et qu’elle ne prodigue pas de pouvoirs disproportionnés.

En tant qu’espace de dialogue préservé, la collectivité locale porte alors une grande responsabilité, puisque c’est à cette échelle que les innovations démocratiques fleuriront le mieux. C’est ici que s’inventera, peut-être, la démocratie de demain. Aussi, les communes ont intérêt à entretenir tout particulièrement cette relation privilégiée avec leurs concitoyens, et à porter un soin minutieux à leur communication locale, l’un des derniers vecteurs d’information publique crédible aux yeux des habitants.

La communication locale : un service d’intérêt général…

Dans les représentations collectives, la communication peut revêtir une image négative. Elle peut parfois être associée à la manipulation l’esprit des foules dans des objectifs prédéfinis, qu’ils soient mercantiles à travers « la pub », ou à ambition électorale, via de la propagande politique. Si ces idées contiennent une part de vérité dans certaines situations, il convient d’observer la communication publique (à ne pas confondre avec la communication politique ou électorale), et en particulier la communication locale, sous un angle quelque peu différent.

La communication publique vise avant tout à servir des objectifs d’intérêt général. Certes, elle peut avoir pour objectif sous-jacent de véhiculer une image positive d’une organisation ou d’un personnage public, mais ses missions centrales sont avant tout d’informer les citoyens des enjeux qui les concernent, ou d’engager un dialogue autour d’une question ou d’un projet public.

A l’échelle de la commune, le degré de proximité entre la municipalité et les citoyens étant fort, la communication locale bénéficie d’une confiance particulièrement importante. Les attentes des citoyens en matière d’informations locales sont alors élevées, et la communication locale est spécifiquement perçue comme un canal d’information publique, au service de l’intérêt général.

… favorisant la participation citoyenne

Le lien de confiance privilégié entre l’élu local et ses concitoyens fait de la communication locale une alliée de taille dans la mise en place de la participation citoyenne. Elle permet à la voix du maire d’être entendue, offrant alors la possibilité de faire connaître les dispositifs de démocratie participative mis en place, et de susciter la participation et l’engagement.

Transmettre les informations nécessaires, à travers des démarches de communication, est essentiel au cours des différents stades d’une démarche de participation. Avant sa mise en place, pour avertir les habitants de son lancement ; au cours de la démarche, pour partager les avancées et susciter l’engagement des citoyens en temps réel ; et en aval, pour faire connaître les résultats, dans un souci de transparence.

En ce sens, communication locale et participation citoyenne sont intrinsèquement liées. La municipalité pourra instaurer un dialogue de qualité avec les habitants par le biais de son dispositif de communication, et réaliser ainsi avec succès des opérations de participation. A ce titre, le baromètre de la démocratie locale numérique 2017 réalisé par le Think Tank Décider Ensemble met en évidence la proximité entre participation et communication, montrant par exemple qu’au sein d’une collectivité les questions de démocratie participative sont souvent gérées par le service communication, que ce soit dans la mise en place, le suivi, et la modération des outils utilisés (consultation en ligne, sondage, plateforme d’expression citoyenne ou de budget participatif, civic techs, etc.).

De la digitalisation de la communication locale à la démocratie locale numérique

La transition démocratique est engagée, mais n’en est encore qu’à ses prémices, et demeure en cours de structuration. L’échelon local constitue le terrain privilégié de cette transition démocratique, conférant ainsi une grande responsabilité aux élus locaux : faire figure de pionniers, pour instaurer des dispositifs de participation novateurs, jusqu’alors inédits. Pour ce faire, la communication locale tient une place importante dans la mise en place d’opération de participation citoyenne.

Ces dernières années, les collectivités sont parvenues avec succès à intégrer le digital dans leur communication locale. Site internet, newsletters, et usage des réseaux sociaux, ont permis d’établir un nouveau rapport entre l’élu et ses concitoyens, à la fois plus direct, plus instantané, et peu coûteux. Cette évolution vers le digital correspond aux attentes des citoyens, comme on peut le voir dans le baromètre Epiceum 2015 de la communication locale.

Il est probable que le renforcement de cette proximité élus – citoyens, en partie façonné par la digitalisation de la communication locale, se poursuive dans les prochaines années. Notre société prend le chemin d’une relation entre collectivités et administrés plus horizontale encore, où l’implication et l’intégration du citoyen dans la prise de décision deviennent la norme. Grâce au digital, pourrons-nous alors passer d’une communication locale purement descendante, à l’instauration d’un véritable dialogue entre élus et citoyens ?