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Le sujet est devenu récurrent : nos sociétés modernes traversent une crise de confiance, que ce soit envers le monde politique, les médias ou les entreprises. Un constat confirmé par le dernier baromètre de la confiance politique CEVIPOF (janvier 2018), dont le titre cette année n’est que trop significatif : “La défiance s’obstine”. Le bilan est posé ; et maintenant, comment changer la donne ?

 

Une “défiance qui s’obstine”

 

Parmi les causes de cette “défiance qui s’obstine”, on trouve les scandales politiques, conflits d’intérêt, l’action souterraine des lobbys… Mises en lumière via internet notamment, ces différentes affaires provoquent chez les citoyens un sentiment de désinformation voire de manipulation, pouvant alimenter un climat de suspicion vis-à-vis des décideurs.

Dans ce contexte où le besoin de restaurer la confiance est fort, on assiste à une quête généralisée de transparence. On demande à ouvrir les “boîtes noires” de la société, et à accéder à des informations jusqu’ici non partagées, avec la conscience que l’accès à l’information renforce la connaissance et le pouvoir d’agir. Dans la sphère politique, différentes initiatives pour encourager la transparence sont à noter ces dernières années, comme la mise en place d’une Haute Autorité Pour la Transparence de la Vie Publique en 2013 (en remplacement de la Commission pour la transparence financière de la vie politique), ou encore la récente loi de moralisation de la vie publique.

Si ces dispositifs participent à renforcer la transparence en politique, ils semblent encore trop éloignés de la réalité des citoyens, en recherche non pas d’une nouvelle loi ou d’une institution, mais d’une transparence qu’ils peuvent expérimenter au quotidien. Une transparence plus active, plus dynamique, assortie d’une circulation de l’information véritable, d’interactions, de co-construction. Pour aboutir en ce sens, la révolution numérique offre de nombreuses opportunités.

 

Renforcer la transparence à l’ère numérique

 

En 2014, la France a rejoint le “Partenariat pour un Gouvernement Ouvert” (PGO). Créé en 2011 par 8 pays fondateurs, il compte aujourd’hui plus de 70 pays membres, qui s’engagent à mettre en oeuvre les objectifs suivants : transparence de l’action publique, participation citoyenne, collaboration avec la société civile. Ce projet est intrinsèquement lié aux usages numériques, l’un de ses axes phares étant l’OpenData, c’est à c’est à dire l’ouverture et le partage des données publiques via des plateformes ouvertes.

Dans le secteur public, Etalab (service du premier ministre) coordonne cette mission à l’échelle des administrations avec le développement de data.gouv.fr, et est également chargé de mettre progressivement en place une gouvernance de la donnée. L’association OpenDataFrance, quant à elle, rassemble et soutient les collectivités engagés dans cette démarche d’ouverture des données. Plusieurs villes, comme Rennes ou Paris, ont déjà lancé leur plateforme. Bien sûr, l’OpenData doit être pris avec vigilance : toutes les données seront-elles publiées ? Seront-elles pertinentes, et suffisamment claires pour être exploitables pour les citoyens ? En permettant au citoyen d’être mieux informé, elle constitue en tous cas une innovation démocratique qui permettra d’alimenter le débat public.

Parmi les initiatives venues de la société civile, les CivicTechs constituent un panel de solutions numériques pour réengager la confiance et la transparence entre décideurs et citoyens. Si leurs formes et leurs coeurs de projet varient, la transparence est une valeur cardinale commune à tous les projets CivicTechs. Le signal envoyé par les institutions ou élus qui choisissent de recourir à ces outils est éminemment positif et témoigne d’une volonté d’ouverture envers les administrés, ce qui peut avoir un effet bénéfique sur la relation de confiance avec les citoyens. Enfin, en associant les utilisateurs à la prise de décision, ces outils permettent de prendre des décisions plus collectives, d’ouvrir les portes de la sphère politique et d’informer les citoyens plus en profondeur.